Premier salon du vin de l’année

Ce week-end, petit article en retard, car je comptais le faire sur mon premier salon de vignerons de l’année, celui organisé par Prodegustation. Prodegustation est une entreprise organisant des formations œnologiques chez qui j’ai effectué une grosse partie de ma formation « initiale ». Et je n’ai jamais été déçu par eux, que ce soit au niveau des formations que des salons de vignerons !

Bien souvent, durant ces salons, peu de noms très connus, mais toujours de belles découvertes. J’y ai notamment découvert les domaines Mélaric et de la Tour Grise à Saumur, le domaine Christophe & Fils à Chablis, les champagnes Tarlant, le domaine de la Roche Audran dans le Rhône et surtout Lionel Maurel et son Mas d’Agalis dont j’ai déjà beaucoup parlé dans ces lignes.Bref, un beau salon en général, avec peu d’exposants, mais de la qualité.

Cette année, le salon ne se déroulait plus à l’hôtel Pullman à Balard, mais au Crowne Plaza à République (ce qui m’arrange géographiquement). Toujours le même accueil chaleureux et souriant, toujours un cadre superbe pour découvrir ces 17 domaines/château dans les meilleures conditions. Je ne parlerai pas en détail de tous les vignerons, uniquement ceux qui m’ont le plus marqué par leurs produits.

domaine_huetJe parlerai en deux mots des quatre « poids lourds » présents qu’étaient le Domaine Huet à Vouvray, les champenois de Billecart-Salmon, le Château Camensac en haut-médoc et le Château Chasse-Spleen. Des vignobles connus, le Chasse-Spleen étant présenté sur son millésime 2008 toujours aussi élégant, le Camensac étant plus charpenté, méritant de vieillir de quelques années. Billecart a quant à lui laissé un goût étrange en bouche : celui du champagne qui ne sait trop se situer entre la finesse et la charpente…pas de parti pris, c’est bien dommage.
Quant au Domaine Huet… Depuis le départ de Noël Pinguet, on le retrouve maintenant un peu partout, sur le millésime 2011 en sec. A titre de rappel, N.Pinguet avait quitté le domaine notamment pour ces deux désaccords : Il ne voulait pas spécialement faire part belle aux grosses commandes, et refusait d’augmenter sa production de blanc sec. Et le sec 2011 est malheureusement sans grande vie, à comparer aux demi-sec brillants que j’ai pu goûter jusque-là…enfin bon, il restait heureusement un demi-sec 2006 (qui a subi l’inflation) qui permettait de bien comparer le domaine…

Plusieurs petits domaines très accueillants étaient aussi présents, je citerai en vrac le domaine Servin à Chablis (de très beaux vins, et un accueil des plus sympathique), les domaines Hervé Murat et Emmanuel Giboulot proposant tous les deux des bourgognes rouges tout en finesse. Les Morgons du domaine Louis-Claude Desvignes étaient aussi parfaitement exécuté, structurés et présents, tout comme la droiture et le corps des Rasteau et Gigondas du domaine Saint-Gayan.

chateau_julietteDeux domaines m’ont réellement enchanté durant cette dégustation. Le Château Juliette et le Clos Lapeyre.
Le Clos Lapeyre produit des Jurançons d’une droiture impressionnante, dotés d’un potentiel de garde remarquable. Leurs vins blancs sec sont très portés sur le fruit et une minéralité tranchante. Le Vitatge Vielh (prononcer bitatje bieill) est un blanc sec qui peut voir sans soucis les 10 prochaines années, tenu par son acidité phénoménale. La Magendia est un blanc moelleux où, comme sur les grands Sainte-Croix-du-Mont ou Sauternes, l’acidité nerveuse vient contrebalancer la sucrosité. Cela rend le vin avenant, gourmand, mais aucunement lourd.
Le Château Juliette est basé en côtes du Rhône. Tenu par Alexandre Marcelli-Audier, ancien chanteur d’opéra, tous ses vins portent le nom de grandes œuvres : La Traviata, la Tosca, Bohème, Madame Butterfly. Et Alexandre cherche toujours à donner à son vin le style de ses opéras. Seuls la Bohème et Madame Butterfly étaient présents au salon (j’en étais terriblement déçu). La Bohème est composée de grenache, syrah et cinsault. Vin gourmand, je le qualifierais de « sympa », à boire entre bons amis entre deux éclats de rire. Madame Butterfly est lui un assemblage de grenache et syrah. D’une superbe longueur, il rappelle énormément un grand Banyuls en début de bouche, avant de continuer sur une note de longueur et d’élégance remarquable. Un très grand vin qui m’a vraiment marqué.

En conclusion, encore un salon de vigneron très agréable, avec quelques belles découvertes à la clé. Déjà le troisième que je fais depuis maintenant environ 5 ans, et aucune déception au tableau…

4 comments

  1. Michou Pitchou 16 novembre, 2012 at 14:29 Répondre

    Bonjour, merci pour cet article,
    Lapeyre, je retiens, j’en ai l’eau à la bouche…
    Côté « poid lourd », qu’est-ce qui, selon toi manque aux secs Huet? Il me semble que c’est le dernier millésime de JN Pinguet…

    • tom2185 21 novembre, 2012 at 16:21 Répondre

      Je dois t’avouer que je les trouve un peu court… déjà à la base, je suis plus tourné sur leurs demi-sec, privilégiant les sec de Ph. Foreau (Clos Naudin). Après, c’est peut-être aussi un effet millésime, mais je les sens moins travaillés en profondeurs, plus « simple »

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