Des cocktails d’été au cognac

C’est l’été, et avec les fortes chaleurs (même si bon, à Paris en ce moment, c'est pas trop le cas), on se dit qu’on se boirait bien un bon cocktail en terrasse. S’il est vrai qu’on envisage immédiatement des cocktails à base d’alcools blancs, ou éventuellement de rhum (pour ceux qui sont nostalgiques des Ti’Punch et de leurs voyages dans les Caraïbes), on pense moins souvent aux alcools bruns…et encore moins souvent au cognac.

C’est dommage car le cognac se marie très bien en cocktail ! Evidemment, évitez peut-être de passer en cocktail un Louis XIII de Rémy Martin. Et encore que, avec d’excellents ingrédients, ça peut vous faire un cocktail de rêve…mais je m’égare.

Voici donc quatre cocktails à base de cognac qui égaieront vos soirées !

Horse’s Neck

horse_s_neckUn papy que le Horse’s Neck. On en parle dans Charlot garçon de café en 1914, et ses origines remonteraient à la fin du XIXe siècle.

Pour le réaliser, vous prenez un grand verre de type Collins (un grand verre quoi) que vous remplissez de glace en amont. Si vous n’avez pas 5kg de glace à la maison, vous le mettez au freezer. L’important est qu’il soit glacé lors du service.

Pour le réaliser, il vous faut :

  • Du bitter Angostura (mais sans, cela va aussi, mais ça va manquer à pas mal de cocktails)
  • Du cognac (un V.S ou V.S.O.P va très bien)
  • Du ginger ale (idéalement, du Fever Tree, ou un autre producteur qui sait faire sans trop de sucre. Si vous n’en avez pas, prenez du Canada Dry, mais c’est à la limite du péché)

Remplissez de glace/glaçons votre verre, jetez y nonchalamment un zeste de citron non traité. Attention, j’insiste sur le nonchalamment, on est en short sur la terrasse, pas au bar du Bristol !

jigger

Le fameux jigger

Par-dessus, versez 5cl (ou le grand côté de votre jigger si vous en avez un) de cognac. En remuant légèrement (car si vous le faites nerveusement, il n’y aura plus de bulles, ce qui gâche un peu l’intérêt du breuvage), versez le ginger ale à hauteur d’environ 15cl (généralement, le haut du verre).

Si vous en avez, envoyez encore plus nonchalamment deux dashes (soit deux traits) de bitter Angostura.

Vous servez : c’est frais, c’est bon et tout le monde sera à vos pieds.

Sidecar

Bon, cette recette provient directement du PDT Cocktail Book de Jim Meehan (ma nouvelle Bible, si vous ne connaissez pas le PDT à New York tant pis pour vous), et provient elle-même d’une autre Bible : Cocktails : How to Mix Them de Robert Vermeire. 1922, ça nous rajeunit pas. Pour briller en société, vous raconterez qu’il paraît que le cocktail est apparu au Buck’s Club de Londres à l’époque où y officiait MacGarry. Tout le monde dormira, et vous pourrez aller descendre vos cocktails tout seul…

Par Evan Swigart from Chicago, USA (Sidecar Cocktail) [CC BY 2.0 (http://creativecommons.org/licenses/by/2.0)], via Wikimedia Commons

Par Evan Swigart from Chicago, USA

Sinon, plus sérieusement, pour le réaliser, il vous faut :
  • Du cognac (plutôt V.S.O.P ici, le Meukow V.S.O.P hyper gourmand est parfait pour ce cocktail)
  • Du Cointreau, ou un autre Triple Sec si vous préférez le Trois Citrus de Merlet. Pas de sectarisme ici.
  • Des citrons jaunes
  • Du sirop simple ou sirop de sucre (c’est la même chose)

Remplissez un verre à cocktail (donc les classiques où on ne met pas beaucoup de liquide…beaucoup trop peu pour beaucoup de gens) de glace, ou mettez-le au freezer. J’essaie de le répéter à chaque fois, mais je peux me louper, merci de ne pas tirer sur le pianiste, il fait de son mieux.

Oubliez donc le verre.

Prenez un shaker.

Mettez, dans le shaker, 1cl de sirop de sucre, environ 2cl (le petit côté de votre jigger) de jus de citron fraîchement pressé, 2cl de Cointreau/Triple Sec et 5 cl (le grand côté cette fois-ci) de cognac.

Rajoutez des glaçons, fermez le shaker (crucial) et shakez fort en vous la jouant Tom Cruise dans Cocktail (mais pas trop).

Quand les femmes et/ou les hommes (pas de sexisme) seront évanoui(e)s devant votre maîtrise du shake, versez (SANS LA GLACE) le cocktail dans le verre à cocktail glacé et vide (si vous y aviez mis de la glace, jetez là).

Et maintenant, s’il y a des survivants à cette préparation épique, dégustez avec eux.

Stinger 2010

Le Stinger est encore un grand classique, short drink (donc petit verre, comme le Sidecar), avec un petit twist qui va très bien (d’où le 2010). Historiquement, le Stinger remonte à peu près aussi loin que le Sidecar, je vous raconte pas.

menthe_pastille_giffardPour le faire, il vous faut :

  • Du bitter Orange Angostura (oui, ce n’est pas le même que celui du Horse’s Neck)
  • Du cognac (un V.S ou V.S.O.P va très bien encore)
  • De la liqueur de menthe (par ici, on aime celle de Giffard, elle vient de fêter ses 130 ans et est française, oui Monsieur !)

Je vous épargne le côté verre -> Glace -> Freezer, vous connaissez.

Shaker.

Aventureusement (car vous aimez le risque), envoyez 5cl de cognac (grand côté) et 2cl de liqueur de menthe (petit côté…ou ½ grand côté) dans le shaker. Ajoutez les glaçons et shakez en faisant 4 fois le tour du pâté de maison (en appartement, vous monterez et descendrez les escaliers).

Dans le verre vide (vous aurez encore jeté la glace si vous en avez utilisé), déposez votre préparation en la filtrant (on ne veut pas voir de glace). Envoyez un trait de bitter orange Angostura pour le service, et c’est parti !

Sazerac

sazeracAlors, les amateurs (et ceux qui ont eu le courage de lire le haut de l’article) me rétorqueront que ce n’est pas la vraie recette du Sazerac comme citée par William Boothby dans World Drinks and How to Mix Them de 1908, repris dans le PDT Cocktail Book. Sauf que j’adore ce twist, et après de nombreux essais, je pense pouvoir dire que c’est mon Sazerac préféré. Appellons-le donc le Tom’s Sazerac, tel que lu dans Cocktails : How to (re)mix Them de 2015.

Pour le réaliser, il vous faut un verre à whisky que vous allez, je vous le donne en mille, remplir de glace ou mettre au freezer. On ne se refait pas. Sauf qu’avant, vous allez verser dedans un trait d’absinthe.

Ensuite, on sort les ingrédients :

  • Du cognac (pour le coup, un X.O est sublime dans ce mélange)
  • Du bourbon (j’ai un énorme faible pour l’Elijah Craig, mais un bourbon standard ira…ou même un whisky tant qu’il n’est pas trop tourbé)
  • De l’absinthe (on vit dangereusement)
  • Du bitter Angostura (encore lui)
  • Du bitter Peychaud’s (mais il en existe combien de bitter ??? Enormément, je vous rassure)
  • Un carré de sucre
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Verre et cuillère à mélange

Dans un verre à mélange, versez 2 dashes de bitter Angostura et 3 dashes de bitter Peychaud’s sur le morceau de sucre. Ecrasez-le de manière à ce qu’il soit totalement dissout.

Ajoutez-y alors 2cl (petit côté du jigger) de cognac et 2cl de bourbon. Ajoutez des glaçons et touillez vigoureusement, mais avec classe. On fait un cocktail de daron là mes grands.

Une fois bien touillé à la cuillère à mélange (stirred en anglais, ce que James Bond n’aime pas), sortez votre verre du froid ou jetez la glace. Sauf que cette fois, vous jetterez l’absinthe qui est dedans avec.

Oui, ça fait mal, on gâche de la picole, mais ça vaut le coup, vous verrez.

Versez donc la préparation dans le verre, verre qui aura eu la joie de recevoir un magnifique grand glaçon rond ou cubique.

Prenez un zeste de citron (non traité), enroulez-le au-dessus du verre et déposez-le (toujours avec classe) en haut du cocktail. Et dégustez. Vous verrez, l’univers s’arrêtera de tourner rien que pour vous. C’est le signe d’un cocktail réussi.

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